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Les Oiseaux Terrestres

LES OISEAUX TERRESTRES DE POLYNESIE FRANÇAISE: une richesse méconnue et fragile

Les oiseaux terrestres de Polynésie française sont souvent méconnus.
Pourtant ils sont particulièrement fragiles, splendides et originaux.

Des oiseaux uniques au monde

L'avifaune terrestre polynésienne compte seulement trente-quatre espèces. Ce petit nombre masque cependant un taux d'endémisme élevé. Ainsi à l'exception de cinq espèces présentes ailleurs dans le Pacifique Sud, toutes les formes sont endémiques : on ne les rencontre qu'en Polynésie française.

Ils représentent donc une richesse de notre patrimoine naturel. Cet endémisme est le reflet de la géographie physique de la Polynésie française composée d'îles situées en plein centre de l'océan Pacifique à des milliers de kilomètres des grands continents.

La Polynésie française est ainsi le territoire français (Métropole et DOM-COM) qui abrite le plus d’espèces endémiques.

La métropole, à titre de comparaison, ne possède qu’une seule espèce d'oiseau endémique sur 400 espèces d’oiseaux terrestres répertoriés.

Les îles polynésiennes, qui étaient exemptes de mammifères et quasi-indemnes de prédateurs, ont permis le développement de particularités totalement absentes chez les oiseaux des continents.

Ainsi, les oiseaux terrestres endémiques de Polynésie n’ont souvent aucune méfiance, ils ne s’enfuient pas, viennent parfois vous observer et certains, comme les titi ou Chevaliers des Tuamotu, accourent même à votre rencontre si vous débarquez dans les rares îles préservées où ils persistent.

 

Chevalier des Tuamotu ©Jean Kape

Afin de ne pas saturer leur habitat, ils sont peu prolifiques, à l’exemple du ʹōmāma’o ou Monarque de Tahiti qui produit en moyenne un seul petit par an et par nid, alors que les passereaux des continents font plusieurs nichées de plusieurs oisillons chaque année, ce qui compense entre autres, les pertes liées à la prédation.

 

Jeune Monarque de Tahiti dans son nid ©Alain Petit

 

Des oiseaux menacés

L’arrivée des Polynésiens et des premiers mammifères (le rat polynésien, le cochon et le chien) a entrainé une première vague de disparition chez ces oiseaux naïfs, amplifiée ensuite par l’arrivée des Européens et d’autres prédateurs redoutables tels que le rat noir (très arboricole) ou le chat.

Malheureusement, de nombreuses autres espèces dites exotiques envahissantes (EEE), tant végétales qu’animales, détruisent ou modifient les habitats d’origine, exercent une prédation sur les nichées à l’exemple du Martin triste ou entrent en compétition avec les oiseaux endémiques.

Les trente-quatre oiseaux terrestres actuels sont des survivants car de nombreuses espèces terrestres se sont déjà éteintes depuis l’arrivée de l’homme. Or ces survivants sont en bien mauvaise posture : 72,5% des espèces d’oiseaux endémiques de Polynésie française sont menacées de disparition selon l'U.I.C.N (Union Internationale pour la Conservation de la Nature).

Cette diversité unique est donc très fragile mais elle contribue à l’originalité et à la beauté du territoire.

 

Martin-chasseur de Niau ©Jean Kape


A la découverte des oiseaux des îles

Les îles de Rimatara aux Australes et de Ua Huka aux Marquises, parce qu’elles sont les dernières îles habitées indemnes de rats noirs, possèdent deux des plus beaux oiseaux de Polynésie : le ʹura ou Lori de Kuhl sur Rimatara et le pīhiti ou Lori ultramarin sur Ua Huka.

 

Lori ultramarin ©Caroline Blanvillain

Tahuata aux Marquises renferme la dernière population de pahi ou Martin-chasseur des Marquises parce qu’elle n’a pas encore été colonisée par le Hibou Grand-duc, introduit d’Amérique à Hiva Oa en 1927 pour combattre le rat noir.

Makatea aux Tuamotu possède l’ultime population de rupe ou Carpophage de la Société, exterminés à Tahiti par l’arrivée du Busard de Gould, introduit en 1885 pour les même raisons. Les curieux pourront admirer facilement son cousin, comme lui un pigeon géant d’un mètre d’envergure, le ‘upe ou Carpophage des Marquises à Nuku Hiva.

 

Carpophage des Marquises ©Denise Koenig

Certaines îles et certains motu des Tuamotu sont encore indemnes de rats polynésiens et de tout autre mammifère introduit. Grâce à cette particularité, ces milieux relictuels possèdent encore les très rares titi (Chevalier des Tuamotu) ou/et tutururu (Gallicolombe érythroptère), deux oiseaux emblématiques des Tuamotu.  

 

Gallicolombe érythroptère ©Thomas Ghestemme

 Mais si vous n’êtes pas sur une de ces îles magiques qui renferme un de ces oiseaux rares et menacés, rassurez-vous, certaines espèces dignes d’intérêt résistent bien aux envahisseurs et sont observables un peu partout : les Martins-chasseurs, Rousserolles et Ptilopes apportent leurs couleurs jaunes, vertes et roses aux arbres de la plupart des îles habitées, et sont comme autant de reflets d’une splendeur à préserver.

 

Ptilope des Tuamotu ©Jean Kape

 

Avec la collaboration de Caroline Blanvillain, Philippe Raust et la SOP Manu
Retrouver toutes les informations ornithologiques sur le site internet de la SOP Manu : www.manu.pf

Crédit photos : Caroline Blanvillain - Thomas Ghestemme - Jean Kape - Denise Koenig -  Robert Luta - Alain Petit

Photo de Lori de Kuhl en bannière : Jean-Paul Mutz

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