Les Oiseaux Marins - Tahiti Tourisme
 
Suivez nous sur
Le Fenua en bref

Les Oiseaux Marins

 

LES OISEAUX MARINS DE POLYNESIE FRANÇAISE : une biodiversité remarquable 

D’après des textes de Jean-Claude Thibault, Vincent Bretagnolle, Philippe Raust et Lucie Faulquier

Un oiseau marin passe l’essentiel de sa vie en mer, pour s’alimenter et pour dormir, revenant à terre seulement pour sa reproduction. Certains oiseaux marins reviennent néanmoins à terre pour dormir (Fou à pieds rouges) ou pour s’alimenter dans les lagons (Sterne huppée, Noddi noir).

Les oiseaux marins ont été depuis toujours un élément important du patrimoine culturel des Polynésiens.

C’est eux que l’on voit le plus facilement en se promenant au bord des plages ou en mer. Certains sont communs, d’autres, aux mœurs nocturnes comme les Pétrels et Puffins, sont moins bien connus.

 

La Polynésie riche de ses oiseaux de mer

La Polynésie est constituée d’un ensemble d’îles qui s’étend sur une région géographique considérable comprenant des zones marines très variées, depuis les eaux chaudes équatoriales jusqu’aux eaux tempérées au sud du tropique du Capricorne.

Cela se traduit par un nombre élevé d’espèces nicheuses, par des effectifs importants pour certaines espèces et par la présence d’espèces rencontrées nulle part ailleurs dans le monde, comme le Pétrel de Murphy par exemple.

La richesse de la Polynésie en oiseaux marins est ainsi une des plus importantes que l’on puisse observer dans les régions tropicales.
Ces éléments confèrent à la Polynésie une immense responsabilité pour la conservation de ses oiseaux marins.

 

Gygis blanche ©Jean Kape


Des oiseaux eux aussi menacés

Sur les vingt-neuf espèces nicheuses, cinq sont inscrites sur la liste des espèces protégées de Polynésie française en catégorie A, c'est-à-dire la plus élevée, tandis que les experts de l’U.I.C.N. France ont porté neuf oiseaux de mer sur la « Liste rouge » des oiseaux menacés de Polynésie française !

En effet, les oiseaux marins ne sont pas à l’abri de menaces importantes, car bien que passant l’essentiel de leur vie en mer, ils doivent venir à terre pour se reproduire.

Dispersées au milieu de surfaces océaniques considérables, les îles et îlots fournissent aux oiseaux marins des sites de nidification propices où ils se regroupent. Mais la plupart des îles sont désormais habitées par l’Homme et celles qui ne le sont pas abritent parfois des espèces introduites prédatrices pour les œufs ou les poussins : cochons, rats, chats ou chiens.

A ces périls s’ajoutent parfois la récolte des œufs ou la chasse aux adultes pour leurs plumes par les humains, ainsi que la destruction de leurs habitats ou les perturbations subies en période de reproduction par les touristes trop curieux.

 

Phaéton à brins rouges ©Robert Luta

Autant de menaces qu’il convient de maîtriser de nos jours, car les archéologues nous apprennent que l’abondance et la répartition des oiseaux marins étaient bien supérieures aux temps anciens.

 

 Temakohe, un récit des Tuamotu

 Narré par Timi Teanuanua, fils de Kārihi, ce récit a été recueilli et transcrit par Jean Kape en septembre 2010 lors du premier festival ornithologique de Polynésie.

Timi était là en tant qu’artisan pour présenter ses œuvres, des oiseaux sculptés.

 

 

 

       Photo de Frégate du Pacifique : Jean Kape

« Temakohe était encore une frégate juvénile lorsqu’elle fut apprivoisée par Maihea Teanuanua, dit Kārihi, de Fakarava. L’animal était la fierté de la famille Teanuanua qui le chérissait chaque jour davantage à mesure qu’il grandissait. Pour indiquer sa domestication, il arborait une bande de tissu rouge à une de ses pattes comme c’était d’usage chez les Pa’umotu. Dès qu’il put voler, l’oiseau partait chaque jour en exploration et à la pêche, pour des absences de plus en plus longues, mas revenait toujours sur son perchoir se détendre et jouir de l’ambiance familiale.

Cependant, suite à une grosse tempête en 1961, Temakohe disparut et la famille, très attachée à son oiseau fétiche, sombra dans une tristesse bien compréhensible. Le temps s’écoulant, la peine des Teanuanua s’estompa et ils finirent par accepter le destin du volatile, se persuadant que l’oiseau avait été victime de la tempête. Quelles ne furent donc leur surprise et leur joie de revoir un jour Temakohe se balançant à nouveau sur son perchoir et heureux de retrouver ses maîtres, plus de trois mois après sa disparition.

Kārihi s’aperçut alors que l’oiseau portait quelque chose à l’une de ses pattes, il prit donc l’animal, enleva l’objet et découvrit qu’il s’agissait d’un petit mot portant cette inscription : Tukihiti, Kaukura.

Temakohe avait donc été recueillie et chérie par Tukihiti de Kaukura pendant quelque temps.

Mais vint un jour où Temakohe, se rappelant la vie sauvage, ne revint plus chez ses anciens maîtres qui continuèrent cependant à avoir une pensée pour elle chaque fois qu’ils apercevaient une frégate femelle dans le ciel. »                                                                     

Jean Kape - Te Manu, N° 74, Juin 2011

 

Références :

- Thibault, J.-C. & Bretagnolle, V. 2007. Atlas des oiseaux marins de Polynésie française et du Groupe Pitcairn. 2 volumes (texte + planches). Société d’Ornithologie de Polynésie et Direction de l’Environnement de la Polynésie française. http://ifrecor-doc.fr/items/show/1283

- Les bulletins Te Manu sur le site internet : http://manu.pf/tous-les-bulletins/

. Te Manu N° 61, Décembre 2007

. Te Manu N° 74, Juin 2011

. Te Manu N° 86, Juin 2015

- Liste rouge 2015 des oiseaux de Polynésie française : https://www.uicn.fr/Liste-rouge-Polynesie-francaise.html

Crédit Photos : Jean Kape – Robert Luta

 

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation des cookies pour une meilleure expérience de navigation. En savoir plus. 

close