La faune aviaire - Tahiti Tourisme
 
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Le Fenua en bref

La faune aviaire

 

Autrefois, les oiseaux jouaient un rôle important dans la vie des Polynésiens. Ils leur servaient de guide, de baromètre, de repère. Les pêcheurs savaient observer les oiseaux pour espérer une meilleure pêche. Ils identifiaient même le type de poisson par rapport aux attaques des oiseaux en discernant le type d’oiseau et son comportement. Les voyageurs et les naufragés s’appuyaient aussi sur les oiseaux pour retrouver leur/une terre.

 

Oiseaux de mer à Tetiaroa ©Jean Kape

Encore aujourd’hui, le comportement des oiseaux renseigne sur la météo : le vol élevé par exemple de la Frégate est un signe de beau temps, alors que son vol en basse altitude est plutôt signe de mauvais temps, surtout d’un vent fort imminent. Et si elle paraît pétrifiée et se pose à terre sans raison apparente, une forte tempête est à craindre, voire un cyclone.

Certains oiseaux sont aussi réputés jouer le rôle de messager, comme le tōrea (Pluvier fauve), suivant leur chant/cri ou le moment ou ce chant/cri est émis.

 

 


 Pluvier fauve ©Alain Petit.

Tel cri se rapporte à une visite amicale, tel autre est une alerte à une intrusion hostile, une agression, une bonne ou une mauvaise nouvelle. Beaucoup d’oiseaux sont en outre des totems familiaux, donc des protecteurs qui guident leurs protégés quand il leur arrive une mésaventure.

La connaissance de ces animaux, de leurs habitats et de leurs mœurs peut sans doute inciter les hommes à plus de prudence, de discernement et pourquoi pas de sagesse ou encore à des gestes protecteurs envers ces créatures qui font l’admiration de tout peuple de la planète depuis la nuit des temps. Des chants et des légendes leur ont d’ailleurs été dédiés depuis toujours sans compter d’autres modes d’expression artistique comme l’art rupestre, la sculpture, les hiéroglyphes…

Alors regarder un oiseau, c’est se regarder d’une certaine façon, c’est aussi apprécier la nature ou se situer dans son environnement voire dans l’univers : une autre façon de s’auto-protéger.

Jean KAPE
Te Manu N° 74, Juin 2011

L'association "MANU" 

La Société d’Ornithologie de Polynésie « Manu », œuvre pour la protection des oiseaux sauvages de Tahiti et ses Iles ainsi que pour la préservation de leurs habitats. Cette association, sans but lucratif, est une organisation non gouvernementale fondée en juillet 1990 par quelques amateurs passionnés par les oiseaux de Polynésie française. 

Site internet : www.manu.pf   -  E-mail : sop@manu.pf   -  Facebook : Manu-SOP 

 

OISEAU MARIN EN DETRESSE ? QUE FAIRE ? 

  • Évitez de le manipuler inutilement pour ne pas le stresser ni abîmer ses plumes.
  • Placez-le dans un carton au calme, à l’abri des prédateurs, de la chaleur et de la lumière. Ne le nourrissez pas.
  • Appelez au plus vite l’association Manu sur le Vini SOS Pétrels au 87222799 ou au 40521100 ou contactez-les par mail ou sur Facebook. Ils tâcheront d’organiser sa récupération.
    Si personne ne répond, laissez votre nom et votre numéro de téléphone sur notre répondeur, et ils vous contacteront au plus vite. MERCI POUR LUI !

 

Les Oiseaux Terrestres

LES OISEAUX TERRESTRES DE POLYNESIE FRANÇAISE: une richesse méconnue et fragile

Les oiseaux terrestres de Polynésie française sont souvent méconnus.
Pourtant ils sont particulièrement fragiles, splendides et originaux.

Des oiseaux uniques au monde

L'avifaune terrestre polynésienne compte seulement trente-quatre espèces. Ce petit nombre masque cependant un taux d'endémisme élevé. Ainsi à l'exception de cinq espèces présentes ailleurs dans le Pacifique Sud, toutes les formes sont endémiques : on ne les rencontre qu'en Polynésie française.

Ils représentent donc une richesse de notre patrimoine naturel. Cet endémisme est le reflet de la géographie physique de la Polynésie française composée d'îles situées en plein centre de l'océan Pacifique à des milliers de kilomètres des grands continents.

La Polynésie française est ainsi le territoire français (Métropole et DOM-COM) qui abrite le plus d’espèces endémiques.

La métropole, à titre de comparaison, ne possède qu’une seule espèce d'oiseau endémique sur 400 espèces d’oiseaux terrestres répertoriés.

Les îles polynésiennes, qui étaient exemptes de mammifères et quasi-indemnes de prédateurs, ont permis le développement de particularités totalement absentes chez les oiseaux des continents.

Ainsi, les oiseaux terrestres endémiques de Polynésie n’ont souvent aucune méfiance, ils ne s’enfuient pas, viennent parfois vous observer et certains, comme les titi ou Chevaliers des Tuamotu, accourent même à votre rencontre si vous débarquez dans les rares îles préservées où ils persistent.

 

Chevalier des Tuamotu ©Jean Kape

Afin de ne pas saturer leur habitat, ils sont peu prolifiques, à l’exemple du ʹōmāma’o ou Monarque de Tahiti qui produit en moyenne un seul petit par an et par nid, alors que les passereaux des continents font plusieurs nichées de plusieurs oisillons chaque année, ce qui compense entre autres, les pertes liées à la prédation.

 

Jeune Monarque de Tahiti dans son nid ©Alain Petit

 

Des oiseaux menacés

L’arrivée des Polynésiens et des premiers mammifères (le rat polynésien, le cochon et le chien) a entrainé une première vague de disparition chez ces oiseaux naïfs, amplifiée ensuite par l’arrivée des Européens et d’autres prédateurs redoutables tels que le rat noir (très arboricole) ou le chat.

Malheureusement, de nombreuses autres espèces dites exotiques envahissantes (EEE), tant végétales qu’animales, détruisent ou modifient les habitats d’origine, exercent une prédation sur les nichées à l’exemple du Martin triste ou entrent en compétition avec les oiseaux endémiques.

Les trente-quatre oiseaux terrestres actuels sont des survivants car de nombreuses espèces terrestres se sont déjà éteintes depuis l’arrivée de l’homme. Or ces survivants sont en bien mauvaise posture : 72,5% des espèces d’oiseaux endémiques de Polynésie française sont menacées de disparition selon l'U.I.C.N (Union Internationale pour la Conservation de la Nature).

Cette diversité unique est donc très fragile mais elle contribue à l’originalité et à la beauté du territoire.

 

Martin-chasseur de Niau ©Jean Kape


A la découverte des oiseaux des îles

Les îles de Rimatara aux Australes et de Ua Huka aux Marquises, parce qu’elles sont les dernières îles habitées indemnes de rats noirs, possèdent deux des plus beaux oiseaux de Polynésie : le ʹura ou Lori de Kuhl sur Rimatara et le pīhiti ou Lori ultramarin sur Ua Huka.

 

Lori ultramarin ©Caroline Blanvillain

Tahuata aux Marquises renferme la dernière population de pahi ou Martin-chasseur des Marquises parce qu’elle n’a pas encore été colonisée par le Hibou Grand-duc, introduit d’Amérique à Hiva Oa en 1927 pour combattre le rat noir.

Makatea aux Tuamotu possède l’ultime population de rupe ou Carpophage de la Société, exterminés à Tahiti par l’arrivée du Busard de Gould, introduit en 1885 pour les même raisons. Les curieux pourront admirer facilement son cousin, comme lui un pigeon géant d’un mètre d’envergure, le ‘upe ou Carpophage des Marquises à Nuku Hiva.

 

Carpophage des Marquises ©Denise Koenig

Certaines îles et certains motu des Tuamotu sont encore indemnes de rats polynésiens et de tout autre mammifère introduit. Grâce à cette particularité, ces milieux relictuels possèdent encore les très rares titi (Chevalier des Tuamotu) ou/et tutururu (Gallicolombe érythroptère), deux oiseaux emblématiques des Tuamotu.  

 

Gallicolombe érythroptère ©Thomas Ghestemme

 Mais si vous n’êtes pas sur une de ces îles magiques qui renferme un de ces oiseaux rares et menacés, rassurez-vous, certaines espèces dignes d’intérêt résistent bien aux envahisseurs et sont observables un peu partout : les Martins-chasseurs, Rousserolles et Ptilopes apportent leurs couleurs jaunes, vertes et roses aux arbres de la plupart des îles habitées, et sont comme autant de reflets d’une splendeur à préserver.

 

Ptilope des Tuamotu ©Jean Kape

 

Avec la collaboration de Caroline Blanvillain, Philippe Raust et la SOP Manu
Retrouver toutes les informations ornithologiques sur le site internet de la SOP Manu : www.manu.pf

Crédit photos : Caroline Blanvillain - Thomas Ghestemme - Jean Kape - Denise Koenig -  Robert Luta - Alain Petit

Photo de Lori de Kuhl en bannière : Jean-Paul Mutz

Les Oiseaux Marins

 

LES OISEAUX MARINS DE POLYNESIE FRANÇAISE : une biodiversité remarquable 

D’après des textes de Jean-Claude Thibault, Vincent Bretagnolle, Philippe Raust et Lucie Faulquier

Un oiseau marin passe l’essentiel de sa vie en mer, pour s’alimenter et pour dormir, revenant à terre seulement pour sa reproduction. Certains oiseaux marins reviennent néanmoins à terre pour dormir (Fou à pieds rouges) ou pour s’alimenter dans les lagons (Sterne huppée, Noddi noir).

Les oiseaux marins ont été depuis toujours un élément important du patrimoine culturel des Polynésiens.

C’est eux que l’on voit le plus facilement en se promenant au bord des plages ou en mer. Certains sont communs, d’autres, aux mœurs nocturnes comme les Pétrels et Puffins, sont moins bien connus.

 

La Polynésie riche de ses oiseaux de mer

La Polynésie est constituée d’un ensemble d’îles qui s’étend sur une région géographique considérable comprenant des zones marines très variées, depuis les eaux chaudes équatoriales jusqu’aux eaux tempérées au sud du tropique du Capricorne.

Cela se traduit par un nombre élevé d’espèces nicheuses, par des effectifs importants pour certaines espèces et par la présence d’espèces rencontrées nulle part ailleurs dans le monde, comme le Pétrel de Murphy par exemple.

La richesse de la Polynésie en oiseaux marins est ainsi une des plus importantes que l’on puisse observer dans les régions tropicales.
Ces éléments confèrent à la Polynésie une immense responsabilité pour la conservation de ses oiseaux marins.

 

Gygis blanche ©Jean Kape


Des oiseaux eux aussi menacés

Sur les vingt-neuf espèces nicheuses, cinq sont inscrites sur la liste des espèces protégées de Polynésie française en catégorie A, c'est-à-dire la plus élevée, tandis que les experts de l’U.I.C.N. France ont porté neuf oiseaux de mer sur la « Liste rouge » des oiseaux menacés de Polynésie française !

En effet, les oiseaux marins ne sont pas à l’abri de menaces importantes, car bien que passant l’essentiel de leur vie en mer, ils doivent venir à terre pour se reproduire.

Dispersées au milieu de surfaces océaniques considérables, les îles et îlots fournissent aux oiseaux marins des sites de nidification propices où ils se regroupent. Mais la plupart des îles sont désormais habitées par l’Homme et celles qui ne le sont pas abritent parfois des espèces introduites prédatrices pour les œufs ou les poussins : cochons, rats, chats ou chiens.

A ces périls s’ajoutent parfois la récolte des œufs ou la chasse aux adultes pour leurs plumes par les humains, ainsi que la destruction de leurs habitats ou les perturbations subies en période de reproduction par les touristes trop curieux.

 

Phaéton à brins rouges ©Robert Luta

Autant de menaces qu’il convient de maîtriser de nos jours, car les archéologues nous apprennent que l’abondance et la répartition des oiseaux marins étaient bien supérieures aux temps anciens.

 

 Temakohe, un récit des Tuamotu

 Narré par Timi Teanuanua, fils de Kārihi, ce récit a été recueilli et transcrit par Jean Kape en septembre 2010 lors du premier festival ornithologique de Polynésie.

Timi était là en tant qu’artisan pour présenter ses œuvres, des oiseaux sculptés.

 

 

 

       Photo de Frégate du Pacifique : Jean Kape

« Temakohe était encore une frégate juvénile lorsqu’elle fut apprivoisée par Maihea Teanuanua, dit Kārihi, de Fakarava. L’animal était la fierté de la famille Teanuanua qui le chérissait chaque jour davantage à mesure qu’il grandissait. Pour indiquer sa domestication, il arborait une bande de tissu rouge à une de ses pattes comme c’était d’usage chez les Pa’umotu. Dès qu’il put voler, l’oiseau partait chaque jour en exploration et à la pêche, pour des absences de plus en plus longues, mas revenait toujours sur son perchoir se détendre et jouir de l’ambiance familiale.

Cependant, suite à une grosse tempête en 1961, Temakohe disparut et la famille, très attachée à son oiseau fétiche, sombra dans une tristesse bien compréhensible. Le temps s’écoulant, la peine des Teanuanua s’estompa et ils finirent par accepter le destin du volatile, se persuadant que l’oiseau avait été victime de la tempête. Quelles ne furent donc leur surprise et leur joie de revoir un jour Temakohe se balançant à nouveau sur son perchoir et heureux de retrouver ses maîtres, plus de trois mois après sa disparition.

Kārihi s’aperçut alors que l’oiseau portait quelque chose à l’une de ses pattes, il prit donc l’animal, enleva l’objet et découvrit qu’il s’agissait d’un petit mot portant cette inscription : Tukihiti, Kaukura.

Temakohe avait donc été recueillie et chérie par Tukihiti de Kaukura pendant quelque temps.

Mais vint un jour où Temakohe, se rappelant la vie sauvage, ne revint plus chez ses anciens maîtres qui continuèrent cependant à avoir une pensée pour elle chaque fois qu’ils apercevaient une frégate femelle dans le ciel. »                                                                     

Jean Kape - Te Manu, N° 74, Juin 2011

 

Références :

- Thibault, J.-C. & Bretagnolle, V. 2007. Atlas des oiseaux marins de Polynésie française et du Groupe Pitcairn. 2 volumes (texte + planches). Société d’Ornithologie de Polynésie et Direction de l’Environnement de la Polynésie française. http://ifrecor-doc.fr/items/show/1283

- Les bulletins Te Manu sur le site internet : http://manu.pf/tous-les-bulletins/

. Te Manu N° 61, Décembre 2007

. Te Manu N° 74, Juin 2011

. Te Manu N° 86, Juin 2015

- Liste rouge 2015 des oiseaux de Polynésie française : https://www.uicn.fr/Liste-rouge-Polynesie-francaise.html

Crédit Photos : Jean Kape – Robert Luta

 

 

 

 

 

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